Captiver le lectorat, une blague à la fois
C’est justement un besoin d’exploration qui a justifié la naissance de la collection « Histoires de lire ». Véronique Fontaine, présidente de la maison d’édition jeunesse Fonfon, avait remarqué la perte d’intérêt de sa fille pour la lecture. « Elle pleurait parce qu’elle trouvait ses livres d’école plates et ne voulait pas les lire. Je ne pouvais pas croire qu’après avoir fait tout ce chemin-là, à travailler l’amour de la lecture et à être stimulée par ce qu’on lit, elle ne veuille plus du tout lire », explique-t-elle. « Mais, elle avait raison, ces livres étaient d’un ennui mortel ! » Véronique Fontaine s’est donc attelée au problème elle-même en créant en 2016 cette nouvelle collection, spécialement dédiée aux premières lectures, mais avec un petit je-ne-sais-quoi. « Histoires de lire » compte maintenant dix séries de quatre livres.
Véronique Fontaine trouvait indispensable de terminer ces histoires par un punch, non seulement pour récompenser les enfants de leur effort de lecture, mais aussi afin de garder leur attention tout au long du livre. « Ça demande tellement d’effort aux enfants de lire à ce stade-là que si, à la fin, il n’y a pas de punch, qu’est-ce qu’ils y gagnent ? », se questionne-t-elle. L’éditrice jeunesse a voulu créer un objet qui sortait du cadre pédagogique des premières lectures, tout en respectant les éléments de base : une structure répétitive et une constance quant à l’emplacement du texte. Avec ces deux éléments en place, les livres pouvaient tout de même pousser les limites du lectorat, notamment en utilisant un vocabulaire plus avancé et plus varié, en intégrant des illustrations qui ne servent pas qu’à la compréhension du texte, et en choisissant des autrices et des auteurs qui se mettent en scène comme protagonistes pour favoriser l’engagement, conserver l’attention et développer un lien d’appartenance chez le jeune lectorat.
« Je voulais aussi faire un lien entre les enfants et les artistes : dans cette collection-là, il y a la photo de l’autrice ou de l’auteur quand il était petit au début, la photo de l’illustratrice ou de l’illustrateur aussi, à l’âge des enfants lecteurs », ajoute Véronique Fontaine, qui souhaite offrir aux enfants un accès privilégié à la personne qui lui raconte des histoires le temps de quatre livres. Il donc est possible d’entrer dans l’univers d’autrices et d’auteurs d’expérience comme Chloé Varin, Dominique Demers ou encore François Gravel.
Alliant de cette façon les aspects artistiques et pédagogiques, avec un style très emprunté à la BD, Véronique consent que cette collection s’adresse à certaines enseignantes ou certains enseignants plus que d’autres, puisque l’indication du niveau de lecture est moins rigide. Cependant, cette liberté vise à pousser le jeune lectorat plus loin dans son apprentissage, tant qu’il est capable de décoder ses syllabes.






