Collections | Volume 11 | numéro 2

Jeunesse

Titre lauréat – Roman 9 à 12 ans

Samuel Larochelle

Éric Péladeau, la tête dans les nuages

Quand il était petit, Éric Péladeau était déjà grand. Avec une tête de plus que tout le monde et sa tendance à être dans la lune, il a développé un imaginaire foisonnant – qui lui sert comme auteur et illustrateur – et une sensibilité à la réalité des gentils géants, thème qu’il aborde dans Le club des échasses (Soulières éditeur), lauréat du Prix littéraire des enseignant·e·s de français (catégorie « Roman 9 à 12 ans »).

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À dix ans, il rêvait de créer des bandes dessinées, mais la prédominance de la production franco-belge le laissait pantois quant à ses chances d’en vivre au Québec. « Des études en BD, ça n’existait pas vraiment, alors j’ai choisi un programme connexe : la création de dessins animés », explique-t-il.

Après deux inscriptions non retenues et un détour en graphisme, Éric Péladeau a finalement eu la possibilité d’étudier en dessins animés. Tranquillement, alors qu’il développait son trait d’illustrateur, l’envie d’écrire le titillait.

Éric Péladeau
Éric Péladeau

« J’avais davantage confiance en mes dessins qu’en mon écriture, car je bloquais à l’étape de déployer mes idées sur papier. Dans la vie de tous les jours, je n’ose pas m’exprimer, car je pense souvent que ce que j’ai à dire n’est pas pertinent. Mais quand vient le temps d’écrire, avec du temps pour peaufiner, je suis plus à l’aise. »

Le créateur a fait ses premiers pas en littérature avec un livre illustré contenant très peu de mots. Ensuite, un magazine lui a demandé d’écrire une histoire de 500 mots, puis il a reçu des commandes de 1 500 et 2 000 mots, jusqu’à ce qu’un projet de récit se transforme en roman de 15 000 mots ! « J’ai alors compris que j’étais capable ! »

Lorsque l’éditeur Pierre Labrie lui a proposé d’écrire sur l’inconfort d’être grand, il a d’abord pensé que la situation était sans écueil. « Puis, je me suis souvenu qu’on se fait souvent taquiner et qu’il y a des préjugés par rapport à la grandeur. »

Il évoque alors son passé de jeune lunatique qui dépassait tout le monde. « J’avais l’air plus bébé que je l’étais, parce que j’étais plus grand, mais pas plus vieux que les autres. Dans le livre, j’ai voulu exposer avec humour les avantages et les inconvénients de cette réalité. »

Éric Péladeau aime écrire des histoires humoristiques destinées aux jeunes enfants, probablement, avance-t-il, parce qu’il est jeune dans sa tête. « J’étais enfant dans les années 1980, soit une très belle époque pour être jeune. C’était avant l’avènement des technologies. Je regardais beaucoup de films avec des personnages jeunes et forts qui rejoignaient tous les âges. J’ai toujours cru que les personnages d’enfants pouvaient aussi intéresser les adultes. »

Quelques années après ses débuts en écriture, Éric Péladeau sent sa confiance se solidifier. « J’ai encore un sentiment d’imposteur, parce que ça a pris du temps avant que je publie un premier livre et parce que je me suis toujours vu plus illustrateur qu’écrivain », dit-il. « Être finaliste ou gagner un prix, ça vient apaiser quelque chose. »

Le club des échasses, Éric Péladeau

Ce roman aborde la question de la différence de manière émouvante et humaine, tout en gardant une touche d’humour.
Un incontournable pour parler d’intimidation !

Soulières éditeur, 2023, 17,95 $, 9782896076499.