Dans L’Errance des racines, Sébastien Ste-Croix Dubé raconte avoir reconstruit les cabanes de son enfance dans son petit jardin montréalais. Pour ses filles, certes, mais aussi pour lui-même. Un espace pour écrire. Un espace pour accueillir. Un espace créé dans une réalité palpable, mais qui existe maintenant par les mots dans les têtes de toutes les lectrices et lecteurs de son livre. La création comme outil de clarté et de résistance. De transmission.
La volonté de nommer les choses anime également Geneviève Boudreau dans son carnet Une abeille suffit, écrit durant la période d’isolement sans précédent de la pandémie de COVID-19. On y sent le désir de mieux comprendre et d’apprendre, enfin, à cohabiter avec les espèces de son potager urbain. Nommer encore, oui, et faire de ces connaissances un objet littéraire à diffuser. Écrire pour affirmer l’évidence du vivant, des vivants, et ancrer, tant dans le réel que par les mots, ce qu’il est nécessaire de reconnaître avant toute transformation profonde.
La littérature permet, avec ces mêmes outils de création et de connaissance, de construire des espaces, cabanes ou clairières, où les mots illuminent la noirceur, apprivoisent les tabous, se répandent afin de rallier. Et les livres que nous souhaitons vous faire découvrir dans cet article portent tout autant, à travers leur voix et leur urgence, une part de lumière. Un immense désir d’éclaircie.











